La sortie d’Egypte : un plan de restauration

Dans l’article précédent, on s’est posé la question de savoir si c’était vraiment nécessaire que Dieu endurcisse le cœur de Pharaon de sorte que Pharaon décide de poursuivre les Hébreux dans le désert et se noie dans la mer avec toute son armée (pour replonger dans le contexte, je t’invite à lire Exode 14). 

Et on a vu qu’effectivement c’était nécessaire parce que : 

Dieu avait un plan de libération.

Et ce plan de libération n’était pas seulement pour le peuple Hébreux de l’époque mais aussi pour toi et moi aujourd’hui qui luttons contre une addiction sexuelle. 

Et dans ce nouvel article, on va voir l’autre raison :

C’était nécessaire car Dieu a un plan de restauration.

Identité du peuple Hébreux en Egypte

Quand on évoque la sortie d’Egypte, on parle souvent du peuple Hébreux comme d’un tout. On parle de “peuple”,  des “enfants d'Israël”, “d'Israël” ou du “fils aîné de Dieu” (Exode 4:22). En tout cas, on parle d’un groupe de personnes. On englobe tout le monde sous la même dénomination.

Mais aujourd’hui ne parlons pas du peuple Hébreux comme d’un tout.

Revivons ensemble cet épisode de l’histoire et partons à la rencontre de ces personnes qui constituaient ce groupe appelé “les enfants d'Israël”. 

Comme il n’y a pas de descriptions précises sur la vie de chacun en Egypte à part celle de Moïse, les présentations que je vais faire relèvent de la fiction inspirée de la situation décrite dans le livre d’Exode.

a) Par exemple, prenons cette femme

Elle est un peu plus âgée que Moïse. Elle a peut-être l’âge de la grande sœur de Moïse.

Quelques années auparavant, quand elle était encore une petite fille, elle a vu l’un de ses petits frères être jeté dans le fleuve parce que “Pharaon avait donné l’ordre à son peuple de jeter tout garçon Hébreux qui naîtrait dans le fleuve” (Exode 1:22).

Tu te rappelles sûrement cet épisode.

Moïse d’ailleurs faisait partie des garçons qui devaient être jetés, mais sa maman le trouva beau et le cacha puis quand il a eu trois mois, elle le mit dans une caisse qu’elle déposa sur le bord du fleuve (Exode 2:1-3). L’une des filles de Pharaon le trouve, l’adopte et l’appelle Moïse (qui signifie “sauvé des eaux”) (Exode 2:5-10).

Tu te rappelles aussi sûrement que la sœur de Moïse est restée pas loin de la caisse pour savoir ce qu’allait devenir son petit frère (Exode 2:4). Mais toutes les sœurs n’ont pas pu voir leur petit frère être sauvé.

D’autres sœurs ou cousines ont vu leur petit frère ou cousin être atrocement noyé dans le fleuve.

C’est le cas de cette femme que je t’ai introduite.

Quelques années plus tard, elle en fait toujours des cauchemars. Elle est même devenue insomniaque à cause de ce dont elle a été témoin. Quand elle s’est mariée et est tombée enceinte pour la première fois, au fond d’elle, elle priait que son enfant ne soit pas un garçon. 

Elle a maintenant des filles. Mais à chaque fois que l’une de ses filles ou ses belles-filles tombe enceinte, elle est terrifiée. Elle est réellement terrifiée.

b) Prenons maintenant l’histoire de l’une de ses filles

Elle a deux petites filles mais elle, aussi, est habitée par la peur.

Elle connaît l’histoire de sa famille. Elle sait ce qui s’est passé.

Elle connaît la peur de sa mère. Et elle a hérité de cette peur. Elle a peur qu’à la prochaine grossesse, ce soit un garçon. Elle a peur que Pharaon décide sur un coup de tête de sortir le même arrêté. Elle a peur tout le temps.

Elle a peur parce qu’à la maison, elle est toute seule avec sa belle-mère et ses filles. Les hommes sont tous au travail du matin à au-delà du soir. D’ailleurs, elle interdit à ses filles de jouer loin de la maison. Ses filles ne sortent quasiment jamais de la parcelle de maison. Elle sait que ce serait bien que ses filles se fassent des amies mais elle a juste trop peur et ne peut s’empêcher de les couver et de les protéger. 

c) Maintenant, considérons la fille de cette femme

Elle n’a que 6 ans mais elle, aussi, est animée par la peur.

Elle ne sait pas trop ce qui s’est passé. Elle ne comprend pas toujours quelle est la situation mais elle sait que c’est grave.

Elle a peur et au vu des réactions de sa maman, ses tantes et ses grands-mères, la peur semble être la bonne émotion à avoir.

Elle n’a le droit de jouer dehors que lorsque sa maman ou sa grand-mère sont dehors aussi. Elle ne voit quasiment jamais son papa ni son grand-père. Ils travaillent selon les dires de sa maman.

Elle se demande si ce sera toujours comme ça sa vie. Avoir peur. Ne pas voir les hommes de sa famille. Ne pas trop sortir. Heureusement qu’il y a sa grande sœur pour jouer avec elle. 

d) Allons voir le père de ces deux petites filles qu’on vient de rencontrer

Ses filles pensent qu’il travaille.

La vérité est qu’il est un esclave. Mais ils ne disent pas ce mot à la maison.

Il est fatigué, extrêmement fatigué mais il est obligé de continuer. Jour après jour. Il doit continuer.

Il est vraiment triste que sa femme le voit comme ça.

Il connaît très bien l’histoire d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il sait quels grands hommes ils étaient. Il voudrait tellement être comme eux.

Il voudrait avoir ce rôle de mari et de père quand il est chez lui mais la vérité est qu’il est juste trop fatigué quand il arrive à la maison. Il voudrait aussi pouvoir protéger ses filles et sa femme.

Il se demande comment elles le perçoivent. Il n’ose pas leur demander. Pour elles, il est peut-être juste un loser

e) Voyons maintenant un ado qui vient tout juste de rejoindre l’équipe de “travail” du monsieur qu’on vient de présenter

C’est d’ailleurs lui qui va nous le présenter : 

“Oui, cet ado vient de rejoindre le groupe. C’est un jeune. Il ne parle pas beaucoup, c’est donc moi qui vais le présenter.

Il est extrêmement révolté et en colère. Il est en colère contre Pharaon, contre les gardes qui nous gardent quand on travaille. Il est en colère contre sa famille. Des fois, il a des poussées de colère et veut juste frapper tout le monde. Et des fois il le fait tout simplement. On essaie de le calmer pour que ça ne dégénère pas.

Au fond, je le comprends.

Moi aussi je suis passé par cette phase. Je comprends sa colère. Ça fait plusieurs siècles que cette situation dure. Il est en colère d’être né Hébreux.

Il est aussi en colère contre Dieu.

Il sait que Dieu a pu rendre enceinte Sara la femme d’Abraham qui était avancée en âge et ne pouvait pas avoir d’enfants. Il ne comprend pas pourquoi il ne fait rien. Il ne veut donc pas attendre l’action de Dieu.

Avec ses amis, ils ont créé un groupe de révolte contre les Egyptiens. Mais ça finit toujours par plusieurs coups sur leur dos quand ils se font attraper. Il a de la haine.” 

C’était juste un échantillon que je viens de te présenter mais ça ne présente pas évidemment l’état d’esprit de chacun et l’histoire de chacun. Il y avait environ 600 000 hommes (sans compter les femmes et les enfants) qui étaient sortis d’Egypte (Exode 12:37) et qui avaient chacun sa propre individualité. 

Mais ce que je souhaitais te transmettre à travers ces histoires, c’est que ce peuple vivait dans un état d’esclavage depuis 400 ans. Et cet état d’esclavage a apporté avec lui tout son lot d’émotions, de colère, de soif de justice, de peur, de traumatisme, de rêves brisées, d’identité bafouée, d’humiliation, de déception, de découragement, etc. 

Et ces histoires sont la raison pour laquelle il était nécessaire que l’armée égyptienne et Pharaon se noient dans la mer Rouge. 

Dieu restaure l’histoire et l’identité de chacun des Hébreux

Avant que Dieu ne fasse noyer les hommes de Pharaon, il dit au peuple Hébreux : 

 “les Egyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus” (Exode 14:13

A travers cette phrase, il disait :

a) A la première dame que nous avons rencontré

“Les Egyptiens, tu ne les verras plus. Tu n’as donc plus besoin d’avoir peur. Tu peux chanter. Tu peux rire. Tu peux dormir tranquillement. Tu peux te réjouir quand l’une de tes filles auront des fils. Tu n’as plus besoin de craindre pour leur vie.”

b) A la fille de cette dame

“Les Egyptiens, tu ne les verras plus.

Tu n’as plus besoin de craindre pour ta vie et celle de tes filles. Tu peux les laisser jouer. Tu peux les laisser se faire plein d’autres amies. Tu peux les laisser grandir tranquillement dans l’insouciance et juste vivre leur enfance. 

Comme les Egyptiens tu ne les verras plus, ton mari, tu le verras. Je vais le ramener dans votre foyer et vous serez une famille. Tu ne seras pas toute seule avec tes enfants, ton mari sera à tes côtés. Je vais rétablir votre famille.”

c) A la petite-fille

“Les Egyptiens, tu ne les verras plus.

Tu n’as plus besoin de vivre dans la peur. Tu peux jouer et te faire des amies. Tu peux grandir avec d’autres émotions que la peur. Tu es maintenant juste une petite fille avec des soucis de petite fille. Tu peux aller discuter avec les autres enfants sans en avoir peur. Tu peux même partager tes jouets.

Ton papa et ton grand-père, tu les verras souvent et tu pourras compter sur eux et sur leur présence dorénavant. Ta famille sera reconstruite.”

d) Au père de cette petite fille

“Les Egyptiens, tu ne les verras plus.

Tu ne seras plus un esclave.

Je te rétablis dans ta famille. Je te rétablis en tant qu’époux de ta femme et en tant que père de tes enfants. Tu ne seras plus un homme abattu, découragé et dépité parce que je te rétablis dans ton identité.”

e) A l’ado qui bossait avec ce monsieur 

“Les Egyptiens, tu ne les verras plus.

Je vais rétablir ta relation avec ta famille et avec les autres Hébreux. Je vais aussi enlever la colère et la haine de toi. Je te rétablis dans tes émotions. Tu seras animé d'autres émotions et d’autres pensées. Tu n’auras pas à faire la guerre aux Egyptiens. Tu auras d’autres activités.

Ton avenir, ce ne sera plus celui d’être esclave jusqu’à la fin de tes jours. Je te rétablis dans ton identité.”

En permettant à ce peuple de “voir sur le rivage de la mer les Egyptiens qui étaient morts” (Exode 14:30), Dieu leur a en fait permis de voir mourir ce qu’eux-mêmes étaient avant.

Leur ancienne identité est morte en même temps que les Egyptiens.

Dieu les a restauré.

Et c’est exactement cela que Dieu fait avec toi aussi.

Dieu te restaure également

Je ne sais pas où est-ce que tu en es dans ta lutte contre l’addiction.

Mais je sais que Dieu te restaure.

Il te libère, c’est vrai. Et quand on lutte contre une addiction, c’est habituellement tout ce qu’on attend : être enfin libre.

Mais Dieu fait plus que te rendre libre.

Il apporte un réel changement en toi qui va au-delà de juste faire en sorte que tu ne sois plus attirée par la pornographie ou que tu ne veuilles plus te donner à la masturbation.

Il te guérit, te rétablit, te “remet en état”, te répare et te reconstruit.

Et des fois ça prend du temps, mais aie l’assurance que Dieu est en train de le faire.

Voilà pourquoi c’était nécessaire que les Egyptiens se noient dans la mer. C’était nécessaire pour ta restauration et la mienne.

C’est Dieu qui te restaure, pas toi

Pour finir cet article, je voudrais revenir sur la façon dont les choses se sont passées pour les Egyptiens : Dieu les a noyé dans la mer.

C’est Dieu qui l’a fait.

Il aurait pu faire tomber des épées et des boucliers du ciel et demander aux hommes de se défendre et se battre. Il aurait pu faire en sorte que les Hébreux gagnent contre les Egyptiens en les tuant. Ainsi les hommes Hébreux auraient pu acquérir une identité “d’hommes vaillants”. Leurs femmes et leurs enfants les auraient vus comme des protecteurs et tout ça tout ça.

Mais tu sais quoi, une identité obtenue de cette façon aurait été instable et fragile.

Et ça vaut pour nous aussi !

On peut essayer de faire les choses par nous-mêmes. On peut s’imposer une infinité de règles. On peut faire attention à tout et mettre en place tout plein de choses pour être libre (même si c’est important). On peut aussi essayer de nous prouver à nous-mêmes ou aux autres qu’on est en train de changer.

Mais la vérité est que :

Si ce n’est pas Dieu qui nous change en profondeur, ça ne sert à absolument rien.

Alors laisse Dieu faire. Laisse-le faire noyer lui-même “tes Egyptiens”.

Laisse-le te restaurer.

Sois richement bénie 😊

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